38, Saison des Nuit (3)
Bonjour.
Avant toute chose, je demande pardon auprès de la Déesse Mère Shii ainsi qu’auprès de mes supérieures pour l’usage de cet outil que je juge plus que suspect, étant donné son apparence technologique. C’est à se demander comment un objet pareil a pu se retrouver entre les mains d’une fillette… Il n’est peut être pas si dangereux que cela, mais il convient de se méfier lorsque l’inconnu se présente. Je sais bien que mon appartenance à l’Ordre Asci m’interdit toute manipulation de ce genre, mais je n’ai guère le choix vu la situation. Et puis, la Division Guerrière à laquelle j’appartiens possède une dérogation pour l’utilisation des Neurals, qui sont une entorse permanente à la règle…
Ozaline m’a autorisé l’usage de son « journal holographique » - c’est le nom qu’elle lui donne – afin que je puisse y laisser une trace de mon existence. Notre destin est grandement incertain ; cet objet sera donc le seul témoignage de notre passage ici… À moins que quelqu’un ne nous tire de ce mauvais pas dans très peu de temps, ce dont je me permets de douter fortement.
Nous sommes enfermées dans une caverne souterraine qui ne présente aucune issue. J’ai eu beau l’examiner sous tous les angles, il ne semble pas y avoir la moindre petite ouverture… Toutefois, lorsque l’on s’approche assez de la paroi de droite, on peut sentir des courants d’air ; j’ai même l’impression d’entendre le vent si je tends l’oreille. Il y a peut être une galerie attenante.
Nous sommes arrivées ici à cause de ma négligence… Lors de notre traversée du Désert Rouccye, j’ai mal dirigé notre monture. J’avais totalement oublié la présence des semi-roches dans ce secteur. Par ma faute, nous sommes passées au travers de celles-ci et avons atterri quelques Fireps plus bas… Dans cet endroit sombre et inhospitalier.
Je dois confesser un autre pêché, Ô Shii : Il m’est impardonnable d’avoir emmené cette petite avec moi, j’ai été bien trop impulsive. À cause de moi elle court de grands risques, alors qu’avant de me connaître, elle ignorait tout de l’affaire du vol… Enfin, je suppose. Le mensonge n’a pas l’air de faire partie de ses habitudes, mais c’est un point qu’il faudra vérifier à Salaam. Je suis persuadée que la Division de l’Ordre salaamienne n’y verra aucun inconvénient. Evidemment, si nous ne survivons pas à cet endroit, la question ne se posera même pas.
Il me faut aussi préciser que cette deuxième erreur m’a contrainte à abandonner la mission confiée par l’Ordre… Si les deux intéressés profitent de ce laps de temps pour déplacer leur butin… Tout mon travail de filature afin de retrouver le Miroir tomberait à l’eau. À supposer que je parvienne à me rendre en ville pour remettre mon rapport, je comprendrais tout à fait que l’on me sanctionne pour mes fautes professionnelles graves.
Notre qouickeur est décédé. Nos réserves de nourriture ne tiendront pas plus de trois nocturnes – temps qui nous aurait permis de quitter ce désert rocailleux. J’ai retrouvé mon Neural, mais plusieurs de ses fonctions semblent avoir été endommagées lors de la chute : le mécanisme d’autodestruction par explosion modérée est inutilisable… Il aurait pu nous permettre de creuser un trou dans un des murs, avec l’espoir de découvrir un chemin vers la sortie. Je vais tenter de le réparer, mais je suis loin d’être experte en magophysique… Nous sommes condamnées…
Que les Asci nous viennent en aide !
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T-leps !